Il fut un temps sacré où les escaliers menaient
Dans un grenier poussiéreux aux 100 000 secrets
Moi quand j'y suis allée m'y cacher du soleil
Mes peurs enfantines trouvèrent des merveilles

Une voix chantonnait l'histoire d'un vent lutin
Et d'un petit bossu arrivant à ses fins
Et moi dans la maison sombre et fraiche Estivale
Je lisait des histoires de princesses et de bal

Parfois un vent léger réduisait à néant
Le soleil qui plombait tous nos rires d'enfants
Plus souvent j'étais seule
Que c'était bon de vivre à l'ombre du tilleul

C'était comme une trêve, un morceau de bonheur
Une parenthèse ouverte sur un jardin en fleur
C'est marrant mes souvenirs sont tous ensoleillés
Et dieu sait s'il a pu pleuvoir sur l'été

Si l'orage éclatait on restait à l'entrée
Regardant le jardin d'où les couleurs coulaient
C'est fou comme l'orage peut changer le tableau
Et comme une pluie battante peut servir de barreaux

Quand dans les belles soirées on jouait des spectacles
Les adultes regardaient notre petit théâtre
Quelqu'un faisait tourner des graines dans un bol
Sans dire qu'au voisin manquait un tournesol

Et lorsqu'à tes cotés on passait des noëls
Les chants que l'on gueulaient n'avaient rien d'éternels
Et à la nuit tombée, toutes lumières éteintes
Un étrange feu bleuté avait raison des saintes

Ta maison Le sais-tu Est une cathédrale
Notre encens se roulait près de la cheminée
Une odeur de gauloises presque cérémoniale
Les tontons riaient fort Tout le monde chantait


L'odeur du bois, des meubles, de la pierre centenaire
Et l'odeur entêtante qui venait du jasmin
Dans la pièce encombrée ou flottait ton parfum
                     On ne m'a jamais dit qu'y viendrait un notaire

Souvenir D'Amandine